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Les Rappeurs en Carton,
Vol. 2

Interview

Publié le 22/06/2020

À l'occasion de la sortie du clip «KIDS», on a pris le temps de s'entretenir avec les Rappeurs en Carton...

 

 

 

11 mai 2020, l'équipe d'Arts Scéniques Rocks (l'asso aux commandes des 4Ecluses) réintègre l'îlot où se trouve son Q.G opérationnel pour reprendre à peu près normalement ses activités. Les 10 semaines de confinement n'ont pas entaché la niaque de poursuivre l'une de ses missions : être au service des musiciens amateurs et émergeants.

Les studios de répétition ont a peine réouvert que les résidences d'artistes se multiplient déjà. Après avoir accueilli The Toy Commander, formation pop de la région, pour des répétitions en condition scénique, c'est au tour des Rappeurs en Carton de se réapproprier les lieux.

Sélectionné en 2017/2018, le groupe avait alors bénéficié du soutien de notre dispositif d'accompagnement « Triple A » (Accompagnement des Artistes Amateurs). Autant dire que la formation est un peu « comme à la maison » aux 4Ecluses. C'est masqué (geste barrière oblige) que nous croisons Alex, Charly et Vincent, les trois membres des Rappeurs en Carton (RPC). On en a profité pour prendre des nouvelles...

Salut les RPC ! La France est à peine déconfinée et vous êtes déjà sur la brèche aux 4Ecluses. Vous préparez la sortie prochaine de votre nouvel EP (Les Rappeurs en Carton – Original, Vol.2) dont « KIDS », l'un de ses titres, est sorti en clip le 21 juin. Où en est votre motivation après quasi 3 mois de confinement ?

Vincent : La motivation est toujours là. On a traversé ce confinement un peu comme tout le monde. De notre côté, tous nos concerts ont dû être annulé. On cherchait un endroit pour pouvoir enregistrer nos prochains titres et au final ça tombe sous le sens de pouvoir le faire aux 4Ecluses.

Charly : Avec le confinement, on ne pouvait plus faire de show et défendre le projet en live. On s'est donc concentré sur l'EP, de prendre du temps là-dessus, de refaire des clips. La motivation est intacte et peut-être même encore plus présente qu'avant.

Vous avez fait quoi alors ?

Alex : On a travaillé, chacun chez soi. On a terminé les travaux qu'on avait lancé. On était sur beaucoup de fronts. Là, on a pu se recentrer pour redéfinir nos objectifs. D'où cette motivation. On sait où on va maintenant. Ça ne nous a pas fait tant de mal que ça finalement le confinement.

Vincent : On avait tourné tous les plans pour notre clip. On a profité du confinement pour le monter, pour trouver des gens pour nous aider, pour faire des effets en post production, etc.

Charly : On a pris le confinement en mode « y'a personne dehors, tout le monde est chez soi donc tout le monde est disponible, alors autant en profiter pour faire des choses qu'on avait pas le temps de monter jusque-là ». Entre le rush des concerts, le rush de la vie de tous les jours, tout s'est mis en pause. On a fait des lives sur Instagram, on a réécrit des lyrics, on a pensé l'EP à venir et peaufiner nos chansons, nos arrangements...

On a profité de ce temps pour bien réfléchir sur comment on allait présenter notre EP, quel plan de communication nous allions faire, avec qui on allait travailler et comment on allait travailler. On a planifié nos calendriers jusqu'à la sortie de l'album prévu pour octobre/novembre. Le confinement nous a permis de prendre du temps, de la réflexion et du recul.

Qu'est-ce qui vous a amené à revenir dans nos studios ?

Charly : C'est la possibilité de pouvoir enregistrer l'EP. C'est Sylvain (ndlr : chargé de l'accompagnement des musiciens aux 4Ecluses) qui nous a donner cette opportunité de poursuivre le travail et de finaliser tout ce que nous avions fait en amont.

Justement, vous pourriez nous parler de l'EP ? Combien de titres sont prévus ?

Vincent : On avait sorti le Volume 1 avec 10 titres, là on s'attèle au Volume 2 avec le même nombre de morceaux.

De la nouveauté dans les thèmes que vous abordez ?

Vincent : On a essayait d'être un peu plus solennel et disons un peu moins futile. On ne peut pas encore parler de projet de la maturité, mais on essaie de se confier, de se livrer davantage.

Charly : On est moins dans la blague et plus dans la vérité. On ne survole pas le sujet. On essaie d’être ancré dans le sujet.

Vincent : Le sujet reste le même. L'envie de faire de grandes choses, d'essayer d'y arriver et de ne plus galérer pour les obtenir. C’est en se serrant les coudes, en se soutenant qu’on peut y arriver. C’est ça notre message fort.

La recette est-elle toujours la même ?

Vincent : On garde l'essentiel de ce qui fait notre musique mais il a y des petites évolutions. On accorde plus d'importance à la guitare notamment.

Charly : La guitare a vraiment trouvé sa place dans cet EP. Il y aussi un peu moins de batterie et la voix de Vincent est plus présente. Sinon c’est la même formule : couplet, refrain, couplet (rires).

Quelle place occupe la guitare ? C’est des nappes, des solos, des effets... ?

Alex : Oui, tout à fait. Quelques solos, mais la guitare vient surtout ajouter du grain, de la texture au son. Elle apporte une ambiance supplémentaire à notre musique. On a vraiment chercher à l'intégrer et la rendre plus présente.

Vincent : C’est notre côté « rap/rock ». La guitare apporte cette touche un peu brute qu’on a toujours aimé. C’est ce qu’on aime défendre depuis toujours, ça fait partie de notre identité.

Vous travaillez toujours avec la même équipe ou vous avez fait appel à d’autres personnes ?

Vincent : On a deux prod faites par notre ami KONGA, qu’on avait fait venir sur un live aux 4Ecluses avec nous (ndlr : le 19 mai 2018, en première partie de Biffty & DJ Weedim). On peut dire que ces deux instru sortent du lot. Sinon on travaille plus ou moins de la même façon.

Charly : Dans le cheminement c’est toujours pareil, c’est Vincent au mix / pré-mix. Et pour le morceau « KIDS », on a fait appel à Benjamin de Road Studio pour finaliser et masteriser la chanson. C’était Vincent qui s’en occupait avant mais l’ingénierie du son c’est un métier et même s’il se débrouille bien, on était parfois limité. Cette fois-ci on a vraiment voulu faire un EP dans les règles, avec un son plus professionnel.

Vous avez partagé sur les réseaux sociaux un artwork où vous êtes dessinés, qui l’a réalisé ?

Charly : C’est Bebinho, un artiste lillois qu’on a connu pendant le confinement. Il a fait des BDs, des visuels dans des bars... Il nous a contacté pour travailler avec nous et on s’est dit que c’était super pour « KIDS ».

Du coup il a eu carte blanche pour le visuel ?

Les garçons : Plus ou moins, carte grise on va dire (rires).

Alex : Carte blanche sur le style car on avait déjà vu son travail et que ça déglinguait. Mais on a imposé le thème de la fête foraine. C’était plus une collaboration : on lui a donné nos envies et il s’est fait plaisir. On peut le voir dans le fond du dessin, c’est lui sur la machine.

Charly : C’était vraiment cool comme collaboration, nous sommes allés chez lui et on continue d’aller boire des verres ensemble depuis. Ce genre de collaboration nous permet d’agrandir notre entourage, d'être moins seuls et de générer plus d’idées, de pensées. Ça fait trois ans qu’on est là, qu’on est à trois et le risque c'est qu’un jour on atteigne nos limites. Alors bosser à plusieurs, c'est top. Ça apporte de la vie.

Derrière Les Rappeurs en Carton, il n’y a pas de collectif ? de label ?

Alex : Depuis un an on collabore avec « In The Sun ». qui nous accompagne dans le management de notre projet. L'équipe nous aide à définir nos objectifs, à déterminer lesquels sont viables, à appréhender les étapes intermédiaires pour y arriver.

Vincent : « In The Sun » intervient en partie dans la gestion administrative de notre projet. Ils montent des dossiers de subventions, font des dossiers de résidences, ils nous ont inscrits à la SACEM. Ils nous aident à être plus pros.

Charly : Côté booking, on bosse depuis un an avec Tom de chez « Sherep », il est basé sur Paris et nous aide trouver des dates de concert. Autrement on cherche une boite de prod, on veut un label.

Vincent : On cherche quelqu’un qui puisse nous produire parce que pour être honnête, nous sommes confrontés à des barrières financières et économiques et on voudrait les dépasser.

Des moyens économiques pour l'édition et la distribution par exemple ?

Vincent : Oui par exemple !

Charly : Là on a une idée toute bête, on va faire l’EP, on va le mixer et on aimerait bien le faire masteriser par un gros américain. Quelqu’un qui aurait fait du Limp Bizkit ou du Linkin Park, mais tout ça se paie. C’est pourquoi on aimerait une boite de prod, pour avoir les moyens de nos idées.

Comment prévoyez-vous la sortie de « KIDS » ?

Charly : KIDS sort le 21 juin exclusivement sur les plateformes en digital. En septembre il y aura le clip de la rentrée qui sera « Merci pour rien » et en octobre /novembre, la sortie de l’EP en digital et CD. On a également dans l’idée de le sortir un vinyle, peut-être grâce à du crowdfunding, mais ce n’est pas certain. Pour l’EP à venir, on va faire comme pour le premier volume, on le sortira en format physique à 500 exemplaires.

Vous avez fait des découvertes pendant le confinement ? Des films, des musiques, des livres qui vous auraient inspirés ?

Charly : Comme tout le monde j’ai kiffé la série « Validé ». J’ai aussi beaucoup regardé le Youtuber Squeezie. Après ce qui m’a beaucoup impressionné c’est le « Maradon » de McFly & Carlito, qui a duré 24 heures, avec beaucoup d’invités. Ils ont récolté 400 000€ pour les hôpitaux et pour la lutte contre le coronavirus.

Vincent : Moi je me suis mis dans ma bulle et j’ai écrit plein de chansons, des instrus. J’ai regardé des vieux films, comme « Indiana Jones », « Ghostbusters », « Retour vers le futur », je suis très nostalgique.

Alex : J’ai découvert tellement de trucs que je ne saurais pas vraiment te les lister. Mais je conseille de suivre The Needle Drop, un webmedia orienté critique musicale où l'on peut faire de belles découvertes.

Charly : On a surtout découvert les visio (rires) ! On a vraiment profiter du confinement pour travailler, pour se retrouver en visio à trois. On avait le temps de se poser et de nous recentrer. Ça nous a permis d’avancer.

Interview par Aurélien Mainil

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